Les Portes d'Abzu

Kundai na-Abzu

Category: Jeu de rôle

Une vérité sci-fi pour Trinités

Préambule

Cet ajout totalement optionnel à l’univers de Trinités propose d’offrir une justification science-fiction au contexte magico-religieux du jeu. Il offre une vision résolvant les éléments bibliques et mystiques qui peuvent parfois questionner le bon sens des joueurs et livre un objectif concret de résolution du jeu, révélation finale susceptible de remettre en perspective la progression des personnages dans leur combat contre les Ténèbres.

Il est parfaitement assumé que cette version puisse être perçue comme un amoindrissement, une normalisation du contexte de Trinités vers un style et des concepts éloignés de l’intention originelle. Il est dans notre cas une évolution logique, articulée autour de précédentes créations comme la Voie des Formes, le Cercle de Vienne ou la langue fictive Shima.

Cette version est actuellement utilisée comme comme toile de fond concluant une longue campagne de Trinités.

L’éveil

Il y a 2,8 milliards d’années, des organismes auto-réplicatifs microscopiques (Uma : l’Être) se forment dans les océans d’ammoniac d’une massive planète tellurique  (Netshuk : source, origine) orbitant autour du trou noir supermassif Sagittarius A* (Karnolilea : étoile noire) situé au cœur de la Voie Lactée.  Cette région est sujette à des anomalies gravitationnelles et quantiques qui conditionnent et façonnent l’évolution des organismes et leur relation aux multiples dimensions du réel.

Il y a 1,9 milliards d’années, avant l’apparition d’une vie biologique qualifiée, les Umai composent un réseau planétaire en phase avec les contraintes particulières de leur milieu local et cosmique et suscitent l’émergence d’une conscience globale et délocalisée (Tsherva : pensée, idée). Dépourvue de corps individué, cette conscience est un phénomène qui ne peut être qualifié de biotique ou abiotique : elle n’est ni le produit de la vie ni l’éveil de la matière. Il est une manifestation des états les plus intimes de ce que les humains décriront très imparfaitement comme l’espace-temps.

Le support de cette conscience s’affranchissant des contraintes physiques communes, Tsherva s’étend et projette ses sens au-delà de Netshuk, qui n’est qu’un hôte physique et contingent, et investigue les zones centrales de la galaxie. Elle se rend compte qu’elle est toutefois soumise à des contraintes et ne peut s’étendre qu’en progressant le long de lignes de force dotées de caractéristiques quantiques spécifiques.

Il y a 1,5 milliards d’années, la vie biologique sur base phosphore-azote apparaît sur Netshuk et Tsherva la considère avec curiosité. Des centaines de millions d’années d’évolution conduisent la conscience

Anomalie

Où l’équipage du Flying Shark découvre les sombres secrets du croiseur Sith « Détermination » et change de vie.

Les Voyages du Flying Shark

Du matériel pour Æon Trinity

Les termes de base d’Æon Trinity en français :

If you defy an enemy by doubting his courage, you double it

Où la coterie de New Canaan plonge dans l’enfer de Baltimore à la recherche d’Aemos, l’infant de Verdena enlevé par Persival James Winthrope.

If you defy an enemy by doubting his courage, you double it

Clifford Joseph Becker

Un personnage pour l’Appel de Cthulhu

Clifford naît le 23 octobre 1895 à Burlington, capitale du Vermont, terre sauvage et forestière dépeuplée qui appartenait aux Mohawk et aux Abenaki. La ville est située sur les rives du Lac Champlain, à la frontière avec le Québec, et était un important port par où transitait le bois canadien.

Les parents de Clifford, Joseph et Dorothy, tiennent une quincaillerie dans le centre ville de Burlington mais leur affaire périclite en 1899 et ils sont contraints de déménager dans une zone plus rurale, South Burlington. Ils se reconvertissent, non sans amertume, dans l’élevage laitier en reprenant la ferme de  Muddy Brook et Clifford, enfant de la ville, découvre les rigueurs et les merveilles de la vie au contact de la nature.En 1900 naît le frère de Clifford, William, dont la déficience mentale est identifiée lorsqu’il a quatre ans. Clifford en a alors neuf et ses bons résultats scolaires et sportifs lui permettent de suivre un enseignement de qualité dans un établissement de Burlington où il est pensionnaire. Il revient les fins de semaine pour aider ses parents et s’occuper de William dont le spectre de l’inéluctable dépendance commence à se profiler.

Athlétique, appliqué, populaire, un peu crâneur, Clifford a très tôt l’ambition de quitter le Vermont et de découvrir de nouveaux horizons. On lui promet un avenir ailleurs, ses professeurs lui enjoignent de fuir cet endroit s’il obtient une bourse. Mais il adore son frère et les longues expéditions qu’il organise dans les bois, sac sur le dos, épuisette en main pour capturer avec lui goujons et papillons sont au centre de son existence. Ils campent sous les hêtres au printemps, escaladent les falaises qui dominent la Winooski River, s’inventent des ennemis Mohawk tapis sous les feuilles rougis par l’automne, croient voir dans les pierres moussues et les troncs enchevêtrés les messages codés de secrets habitants de la forêt. Les deux enfants habitent trop loin du Lac Champlain pour se lancer à la recherche de Champ, le monstre mythique censé vivre dans le lac et reporté par les Abenaki sous le nom de « tatoskok » mais Clifford bâtit autour d’eux deux un univers de périls et de découvertes, pourtant modestes, que le regard clair et fasciné de William transforme en épopées.

L’imaginaire de Clifford est façonné par l’ambiguité de la forêt qui incarne un autre monde, si proche et pourtant menaçant à l’image de ce mur noir et mystérieux qu’il observe la nuit depuis la fenêtre de sa chambre et semble près de le happer. Et quand la peur l’effleure, Clifford regarde William qui marche quelques pas derrière lui, remuant les flaques de boue de la pointe de son soulier car son grand frère lui a un jour dit qu’on pouvait y trouver de vieux cadavres en uniforme de la guerre anglo-américaine. Et il sait qu’il est à sa place. Bien que Clifford ait de nombreux motifs de satisfaction et de distraction, William est son ancre. Auprès de lui, il a un but qui ne peut être discuté, une connexion avec nul autre partagée.

Les années qui précèdent son départ pour l’université de Chicago constituent une époque bénie  mais le handicap de William devient plus lourd et visible. Les adolescents des fermes proches sont sans pitié avec le débile, l’attardé, l’ahuri, celui auxquels les traits singuliers, les journées au grand air et les jeux valent le surnom méprisant de “timber nigger”, terme insultant décrivant un natif américain. William est peu à peu brisé par les brimades dont il est l’objet et les bagarres se multiplient pour Clifford qui quitte avec angoisse et culpabilité la ferme le dimanche soir sans savoir ce que subira William en son absence. Personne d’autre que lui ne peut assurer la sécurité de son petit frère.

Au début de l’été 1912, après avoir disparu une journée entière, William est retrouvé par son père à moitié nu dans les marécages. A son retour, Clifford le découvre alité, délirant de fièvre, marbré de coups, dévoré par les moustiques. On lui a imprimé de grossiers simulacres de peintures indiennes sur le visage en lui lacérant les joues avec un bâton. Fou de rage, Clifford dérobe la voiture de son père et se rue à la ferme des Carlson : les enfants de la maison, Betty et Robert Carlson, ont toujours été odieux avec William. Ils sont nécessairement impliqués. Mais tout le clan l’attend, prêt à en découdre et il est seul. Humilié, Clifford rentre chez lui.

Deux semaines plus tard, il sait qu’il s’agit de son dernier été à Muddy Brook avant longtemps car il est accepté à l’université de Chicago pour entamer des études supérieures en histoire orientale et archéologie. Une manière de poursuivre ses aventures. Seul, ailleurs, en adulte, dans la lumière chaude du désert et loin des collines ombreuses du Vermont. Il s’en veut de ressentir cette nouvelle période de sa vie comme une libération ; aussi consacre-t-il beaucoup de temps à son frère. William est à peine remis, extrêmement impressionnable. Ses capacités semblent avoir décliné et il ne communique presque plus. Il n’a d’ailleurs pas dénoncé ses agresseurs. Il ne parvient plus à suivre à Clifford, leurs promenades se sont réduites à des marches à moins de deux heures de la ferme familiale.

C’est en longeant la Winooski River en fin d’après-midi que les deux frères découvrent Betty Carlson assise sur une roche grise surplombant le courant. Ses longs cheveux blonds dénoués autour de son visage mat aux lèvres minces, elle fume une cigarette et attend sans doute un de ses nombreux prétendants estivaux pour aller se rouler dans les aiguilles de sapin au son des rapides. Betty adresse un sourire méprisant à Clifford, joue avec la fumée qui obscurcit ses yeux trop écartés. Clifford la toise, s’efforce de passer à autre chose pour préserver son frère mais Betty fait le geste de trop. Elle fait mine de frapper de la paume de la main sa bouche arrondie en un hululement silencieux. A l’indienne. Clifford explose et escalade le promontoire en hurlant. Betty blêmit, recule et gagne l’ombre de la lisière de la forêt. Il la saisit par les épaules, il est fort, grand, il lui fait peur. Tant mieux. Mais William est là et pose la main sur le bras de son frère en un geste doux. Clifford ne sait comment son frère a escaladé le talus mais il est auprès de lui et le contact chaud de ses doigts le convainc de repousser Betty contre un arbre. Il s’en détourne, la poitrine brûlante, dévale les rochers et prend le chemin de la ferme en criant à son frère de le suivre.

Les yeux braqués sur le sol comme s’il était capable de le labourer, Clifford marche à toute allure. Il s’arrête soudain et fait volte-face, son frère ne doit pas pouvoir tenir la cadence. Il aurait dû rester près de lui. Aveuglé par la colère, il oubliait l’essentiel. Il voit William qui regagne péniblement le sentier.

« William ! » crie Clifford pour couvrir le bruit de la rivière qui gronde en contrebas.

William se tient devant Clifford, son beau regard pâle absorbé par les cheveux dorés emmêlés entre ses doigts.

« William, où est Betty ? »

Son corps noyé est retrouvé flottant dans Malletts Bay six jours plus tard.

Personne ne saura. Jamais.

Pendant toute sa scolarité à Chicago, Clifford Becker adopte une posture de battant qui ne laisse rien paraître de ces épreuves mais son irascibilité et ses éclats de violence ne le dupent pas. Il sait qu’il a changé et que personne ne se mettra en travers de son chemin. Il n’est pas comme les riches gamins endimanchés qui l’environnent. Il n’est pas un cerveau discipliné. Il a des qualités et des facilités mais il est plus rude, plus brut, plus direct que ses confrères et il ne craint pas de se servir de ses poings ou de tout autre outil que la vie mettra entre ses mains. Malgré son honorable niveau universitaire, son engagement intellectuel paraît presque incongru au regard de son style et il admet très tôt que l’histoire ancienne l’attire plus par goût des voyages et de l’inconnu que pour ses élaborations académiques.

Il ne cherche pas tant à comprendre qu’à découvrir et il se passionne pour les aspects pratiques et logistiques de l’archéologie. Monter une expédition, gérer une équipe et des ressources, ne pouvoir compter que sur sa jugeote et son implication, ressentir l’excitation d’être le premier depuis des siècles à poser les yeux sur une tombe ougaritique, un texte magique babylonien, les fondations d’un palais assyrien. Approfondir un champ d’investigation et produire un contenu scientifique qui contribuerait au savoir commun ne sont pas ses priorités face à l’émotion de la trouvaille.

Il suit à Chicago les enseignements du célèbre archéologue et égyptologue James Henry Breasted, titulaire de la première chaire américaine d’égyptologie et histoire orientale et directeur du Haskell Oriental Museum dont il alimente les collections.

Clifford est dès 1913 fasciné par le parcours de Gertrude Bell et ses voyages au Moyen-Orient, notamment son périple dans la péninsule arabique qui la conduit de Damas à Ha’il avant de revenir par Bagdad. Cette aventurière, administratrice, archéologue, proche de Lawrence d’Arabie, plus célèbre chez les Arabes que chez les Anglais, marque profondément le jeune homme par son courage et ses accomplissements.

Clifford participe à sa première expédition en 1914 alors qu’il n’est qu’étudiant. Elle le conduit au Caire où il découvre l’effervescence des chantiers de fouille et l’omniprésence des marchands d’antiquités qui entretiennent des relations parfois ambigües avec les savants. Il préfère la Mésopotamie à l’Égypte qu’il considère comme un “marché” déjà saturé et trop concurrentiel mais il a la chance de rencontrer le grand archéologue Howard Carter qui oeuvre dans la vallée des Rois pour le riche mécène Lord Carnarvon.

La guerre met un coup d’arrêt aux investigations de terrain et Clifford ronge son frein. Il termine ses études et entretient à partir de 1917 une correspondance avec Mary Inda Hussey, professeure américaine en études bibliques. Elle est une figure atypique, une assyriologue réputée, Quaker partagée harmonieusement entre sa spécialité en langues sémitiques anciennes et ses convictions religieuses qui la conduisent à s’interroger sur le substrat historique qui a vu éclore l’Ancien Testament. Leur relation est épistolaire, professionnelle et cordiale, et n’a a priori rien de romantique. C’est à cette époque que Clifford comprend que de riches mécènes chrétiens seraient sans doute prêts à dépenser beaucoup pour mettre à jour des sites et objets chers à leurs croyances.

La guerre étant achevée, Breasted obtient en 1919 un important financement de Rockefeller pour transformer le Haskell Oriental Museum de Breasted en Oriental Museum. Clifford saisit l’opportunité et joue des coudes pour être associé aux projets de son mentor. A force de persévérance, bénéficiant du soutien de relations nouées grâce à Hussey, Clifford rejoint la première expédition de l’Oriental Museum avec d’autres étudiants de Breasted : Ludlow Bull, William Edgerton, Daniel Luckenbill et William Shelton.

Chicago, New York, Paris, Venise, Alexandrie, Bombay, Bassorah, la Mésopotamie et la Syrie, Beyrouth, Damas, Jérusalem, Haifa, le Caire, Londres puis retour à Chicago.

L’équipe de l’Oriental Museum.

Ce voyage est décisif pour Clifford mais il suscite également chez lui de vives interrogations. Son père est mort en 1918 et sa mère prend seule en charge William qu’il va visiter aussi fréquemment que possible à Muddy Brook. Le dilemme est profond car l’expédition de Breasted est censée durer un an mais le décès de Dorothy en février 1919 clarifie tristement la situation. Clifford s’endette pour faire placer William en institution à Burlington et embarque en août, se promettant de trouver en Orient un moyen d’améliorer ses revenus. Il compte retrouver son frère, se rapprocher de lui et partager avec lui le fruit de ces années d’éloignement.Sur le terrain, Clifford exprime son talent. Opiniâtre, entêté, travailleur, il est le facilitateur, l’intermédiaire, l’organisateur discret qui permet aux étapes de s’enchaîner sans heurt et aux esprits nobles d’accomplir leur mission. Il ne perd pas une miette des échanges entre Breasted et les grandes figures anglaises qui font autorité sur place et en profite pour construire son propre réseau. Il retrouve Carter et Carnarvon, rencontre enfin Gertrude Bell, échange avec Lord Allenby, Special High Commissioner d’Égypte et entretient de nombreux contacts avec des marchands d’art en marge des activités de l’expédition.

Il croise à Bagdad le chemin du négociant français Juvénal Lafrette dont les correspondants discrets implantés dans toutes les grandes villes orientales lui ont fait part des dispositions particulières de Clifford. Lafrette reconnaît le pragmatisme et les compétences de Clifford et il prétend être parvenu à opérer secrètement sur le terrain pour de mystérieux commanditaires alors même que la guerre faisait rage. Assez fier de lui, il affirme n’avoir pas cessé d’approvisionner le marché en pièces rares ou uniques, mésopotamienne plus spécifiquement. Mais aujourd’hui, le retour des expéditions officielles menace ses affaires et il est persuadé que Clifford est l’homme de la situation. Il serait autonome, bien payé, n’aurait pas à s’encombrer de paperasse ni d’autorisations. Reconnu, excité par le caractère transgressif de la mission et la rémunération, il accepte.

Dès lors, Clifford mène double vie. Il sert Breasted et l’Oriental Museum en pleine lumière et fouille des sites irakiens reculés dans l’ombre pour le compte de Lafrette et de ses clients. Et il excelle dans cet exercice. Les chariots d’antiquité se remplissent et alimentent des entrepôts cachés dans le souk de Bagdad. Lafrette est satisfait mais en veut plus, il a fait des promesses que Clifford doit tenir et le rythme des fouilles augmente. Pressé par le temps, Clifford accepte de fouiller de nuit une ziggurat avec une équipe réduite et recourt à la dynamite pour réaliser une excavation. Dans la précipitation, le stock de dynamite explose prématurément, tuant deux membres de l’équipe et laissant Clifford pour mort.

Fouilles en Mésopotamie.

Les survivants alertent le village le plus proche et l’affaire fait bientôt grand bruit. Clifford est retrouvé sous les décombres de la pyramide,  gravement brûlé, les jambes brisées et l’équipe de Breasted est informée dans la journée de la situation. Ils comprennent rapidement de quoi il retourne. C’est une trahison pour Breasted et l’Oriental Museum, professionnelle, personnelle et, pis encore, à l’égard de la mission supérieure de compréhension et de préservation qu’embrasse tout scientifique. La honte de la profession. Clifford est traité à l’hôpital militaire de Bagdad avant d’être rapatrié à Chicago. Faute de preuves exploitables par l’université, il n’est pas expulsé mais sa carrière y est terminée et Breasted ne lui adressera plus jamais la parole. Surtout, les séquelles de l’accident sont telles que le Clifford confiant, physique, parfois intimidant, n’est plus. Tout comme Juvénal Lafrette, disparu sans laisser de trace dès la nuit de l’explosion.

Clifford subvient à ses besoins grâce aux premiers versements de Lafrette et aux objets volés qu’il avait pris soin de conserver et est parvenu à se faire expédier aux États-Unis. Après un séjour au Chicago Westside Hospital, il regagne Burlington et fait installer William dans une pension plus modeste. Grâce à William, les retrouvailles sont chaleureuses et les deux frères ont enfin le temps en février 1921 de faire leur première promenade dans les bois de Muddy Brook. Clifford marche avec difficulté, la moitié du corps brûlée et la jambe raide. Son visage est marqué de terribles cicatrices et le port du chapeau à larges bords ne le dispense pas des regards et des moues effrayés des passants. Comme son frère. Les deux hommes n’ont jamais été aussi proches.

Au cours de l’année, le butin de Clifford s’épuise. Il envisage de retrouver un emploi mais il n’ose pas se tourner vers l’université. Sans son aplomb et sa force vitale, il n’est plus que l’ombre de lui-même, à peine meilleur que son frère, et ne voit pas qui voudrait d’un historien passable et boîteux, à la réputation ruinée, incapable faire la différence sur le terrain. Pourtant, il décide de reprendre sa correspondance avec Mary Inda Hussey qui, contre toute attente, ne se détourne pas de lui et l’encourage à profiter de cette épreuve et de cette faute pour devenir une personne meilleure. Son engagement auprès de son frère est une preuve de sa bonté. Rasséréné par ces mots, Clifford traverse une phase trouble de tentation mystique et amoureuse puis accepte de considérer les conseils de Mary. Une petite université de Nouvelle Angleterre recherche des profils proches du sien et il ne coûte rien de présenter sa candidature, sans fard et sans mensonge. La confiance de Mary lui réserve pour toujours une place particulière dans le coeur de Clifford, sans qu’il ne l’ait jamais rencontrée.

En septembre 1921, Clifford obtient un poste au département d’archéologie du Professeur Morgan au sein de la Miskatonic University à Arkham et il fait installer William face à la mer, à Manchester-by-the-Sea, à quelques miles de là. Cette opportunité providentielle est une chance unique dont Clifford apprécie la grande valeur. Il se dévoue entièrement à l’université qui lui a permis de travailler à nouveau, de reconquérir son identité, de prendre soin de son frère, d’entretenir la maison familiale de Muddy Brook qu’il espère pouvoir un jour rénover.

Il ose croire que son passé va enfin lui accorder quelque répit et lui permettre de considérer l’avenir. Il n’a que 29 ans.


Par ordre d’apparition

Burlington – https://fr.wikipedia.org/wiki/Burlington_(Vermont)

Muddy Brook – http://www.wvpd.org/muddy-brook/

Champ – https://fr.wikipedia.org/wiki/Champ_(cr%C3%A9ature_lacustre)

James Henry Breastead – https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Henry_Breasted

Gertrude Bell – https://fr.wikipedia.org/wiki/Gertrude_Bell

Howard Carter – https://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Carter

Lord Carnarvon – https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Herbert_(%C3%A9gyptologue)

Mary Inda Hussey – https://en.wikipedia.org/wiki/Mary_Inda_Hussey

Musique écoutée

Raison d’être – Requiem for abandoned souls https://raisondetre.bandcamp.com/album/requiem-for-abandoned-souls-expanded

 

Blogs de campagne de jeu de rôle

Nos blogs de campagne relatant nos aventures dans les univers de jeu de rôle suivants :

Star Wars Saga Edition – Les voyages du Flying Shark

Trinités – Les Lames-Sœurs

COPS – Protect and serve

Livre des Cinq Anneaux – Les Magistrats d’Émeraude

Vampire le Requiem – New Canaan

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