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The Vanishing of Ethan Carter

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A la différence de beaucoup de walking sims narratifs « mignons et à la direction artistique travaillée », une autre manière de dire qu’ils n’ont pas un budget AAA mais le sens de la débrouille, TVoEC est beau, tout simplement. Dans sa version Redux, le jeu offre des décors superbes, des lumières captivantes et une réelle sensation d’immersion dans ces forêts, lacs, ces maisons abandonnées. La végétation, les chemins, la topographie sont étonnamment réalistes et conduisent le joueur à étreindre plus viscéralement l’histoire, plus qu’avec l’habituel traitement arty ou cartoon. Ce n’est pas un détail.

Autre différence notable et appréciable, il est réellement d’évoluer dans ce petit monde, presque de se perdre et l’absence de guidage rend l’expérience à la fois gentiment oppressante et, comme souvent, contemplative. Les phases d’exploration alternent avec la découverte de points de vue superbes dont l’apparition n’est pas scriptée, pas soutenue par des effets de mise en scène. On découvre ce cimetière forestier ou cette cabane abandonné avec la même excitation qu’un enfant en maraude : comme si on était réellement et fortuitement tombé sur quelque chose d’exceptionnel.

Le gameplay se résume à évoluer dans le décor et collecter des indices, résoudre une paire de puzzles très accessibles hormis l’un d’entre eux qui mérite quelque prise de notes. Tout est très simple, le déplacement étant au cœur de l’expérience plus que la manipulation d’objets. On n’a heureusement pas à ouvrir des milliers de tiroirs comme dans l’horripilant Layers of Fear. Ca suffit compte tenu de l’ambition du jeu.

Niveau narration, le cœur de ce genre de projet, c’est du mystère cryptique, automnal avec peu à peu des touches permettant au joueur d’entrevoir la vérité, qu’elle soit sombre et lovecraftienne, ou finalement plus méta. la conclusion est jolie et inspirante.

J’ai beaucoup apprécié le format, la mesure, la modestie dans le traitement, le tout enrobé dans une très belle expérience visuelle et un twist classique mais tout à fait potable. Je crois que je suis traumatisé par toutes ces expériences censément révolutionnaires comme Gone Home, the Stanly Parable, Edith Finch, etc, dont la prétention devient insupportable. Qu’un jeu se présentant comme une « expérience narrative » ne se fiche pas du joueur/explorateur est réellement bienvenu.

Et encore un jeu qui se joue très bien à deux.

 

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