The only thing that is humiliating is helplessness

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Doolin, Belmont, de Beauchamp et Wilde, paralysée, sont dans le refuge militarisé du Chien, au Fort Armistead. Winthrope a indiqué qu’il ne négocierait pas la restitution d’Aemos mais Doolin et Belmont envisagent d’autres angles d’attaque en s’intéressant aux partenaires du Chien : Doolin pense à Gambione et Whitehead, les malfrats du domaine, tandis que Belmont considère Chandlers, le fanatique religieux en guerre contre les forces impies des Yaotzin.

Cette tentative de contournement ne plaît pas à Winthrope qui impose son autorité naturelle à Belmont, le soumet et l’humilie. Le Mekhet ne s’en remet pas et son attitude froide et mécanique cède la place à une agressivité et une grossièreté inhabituelles.

De Beauchamp propose une autre approche et envisage de s’allier avec les Yaotzin au nom d’une haine commune du Dominion. Belmont combat hargneusement cette idée, certain que les Yaotzin sont des créatures dégénérées qui n’ont que faire de la politique et cherchent uniquement à réveiller un mal ancien couvant sous la terre de Baltimore. De Beauchamp avance au contraire que les Yaotzin cherchent à contenir cette menace, pas à l’inviter sur Terre, et qu’ils agissent comme protecteurs, au même titre que les célèbres sorcières de Salem. Le Circle of the Crone et ses rites immémoriaux auraient toujours été réalisés pour lutter contre la chose prête à déborder dans la région. Plus précisément, à Holly Creek, sur la Patapsco River.

Exactement l’endroit où les Cans se retrouvent fortuitement. Car De Beauchamp les y a emmenés en voiture, répondant inconsciemment à l’appel de la force contre laquelle ceux de son ordre sont pourtant mis en garde. Les marécages de Holly Creek où réside également le cœur de l’implantation des Yaotzin sont imbibés de ténèbres. Ils ne s’appartiennent pas. Quelque chose ici a étendu sa main sur toute chose morte et vivante et en a fait son domaine, son corps. Une créature manipulée par ce mal fondamental attaque les Cans, un Nosferatu dont le regard d’argent évoque le visage terrifiant de la sorcière censée avoir détruit Rhadamanthe et le comte Exeter. La source du chaos vit en ce bourbier perdu et c’est lui que Belmont perçoit avec une parfaite acuité.

Ne s’agitent pas ici seulement les démons de la Duat qui ont justifié le sacrifice des prêtres de Seth et la lutte millénaire des guerriers Mekhet contre les forces invisibles, mais un seigneur parmi les seigneurs, une obscurité primordiale, une insulte vomie au visage de ce qui vit sous la lune et le soleil.

Belmont incarne cette nuit l’impuissance et la soumission car s’il sait qu’il croise enfin le chemin de l’Ennemi mythique dont il porte la haine dans le sang, il découvre également qu’il n’est pas de taille. Pas seul.

Doolin et de Beauchamp sont plus solides, déterminés. Il faudra parler aux Yaotzin de Holly Creek ou de Cherry Hill, dont il apparaît qu’il s’agit peut-être du seul rempart entre le démon et la ville de Baltimore.


Tu n’as pas le monopole du bon vieux combat entre la lumière et les ténèbres et tes paraboles poussiéreuses viennent de te sauter à la face american-style. Que vas-tu faire de ça ? Et si tu demandais aux Walkiries si quelque chose dans les coffres de Musicbox pourrait t’aider ? Ça et un Benelli. Good boy.

Sekhu Warrior par Bastien Lecouffe Deharme.

Genre, sexe et Shima

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Illustration de Bastien Lecouffe Deharme pour le jeu GODS.
GODS n’a pas de lien avec la langue Shima


Bien que les locuteurs du Shima aient parfaitement conscience des réalités biologiques du sexe et des nuances psychologiques et sociales du genre, il n’existe pas dans la langue de genre grammatical opérant une distinction portant sur ces critères. Le lexique Shima est pragmatique, opérationnel, et la convocation de valeurs traditionnellement associées aux principes mâle et femelle est réservée à la sphère philosophico-religieuse.

Uma est le terme décrivant tout être humain conscient, qu’il soit homme, femme ou indéterminé. Le critère qualifiant au terme Uma est communément accepté comme étant la sentience et le libre arbitre.

Les fonctions, rôles et titres, comme tous les autres substantifs, sont donc indifféremment attribuables aux êtres vivants de sexe féminin et masculin. Cette disposition incarne dans la langue la conviction culturelle que le genre et le sexe ne sont pas de nature à catégoriser le rôle social des humains.

Roi et reine sont Raba, guerrière et guerrière sont Murmak et prêtre et prêtresse sont Shalima.

Deux nuances sont à apporter à ce constat linguistique. D’une part, cela ne signifie pas qu’il n’existe pas une segmentation liée au sexe dans les fonctions occupées par chacun. La distribution des femmes et des hommes dans les différents compartiments sociaux n’est pas homogène mais ces catégories sont poreuses et les migrations d’une fonction à l’autre acceptées pour les deux sexes. D’autre part, certains êtres humains ne sont pas considérés comme Umai, du fait d’un handicap mental, d’un style de vie en contradiction avec les valeurs consensuelles de la société ou d’une altération du jugement fréquemment attribuée à l’influence d’un esprit.

Les buveurs de sang Kumanai ne sont plus Umai dès lors qu’ils sont soumis aux pulsions de leur frère sombre Karnohaluma. La déshumanisation de l’adversaire est également une notion utilisée politiquement pour justifier guerres et répression.